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Par le Parti de la démondialisation (Pardem).
 
Le 17 mai 2016.

Aujourd’hui, 17 mai 2017, deux grands quotidiens français, Le Monde et l’Humanité, ont mis à leur Une la question de la gauche. Le premier se demande « Peut-on encore sauver la gauche ? ». Le second donne deux pages au secrétaire national du PCF, Monsieur Laurent, qui affirme « Remettons la gauche debout ! ». Le Parti de la démondialisation, quant à lui, conteste la pertinence du clivage gauche-droite qui est aujourd’hui devenu vide de sens.

Sur l’essentiel, les principaux partis de gauche et de droite sont d’accord. Mais qu’est-ce que c’est, selon nous, l’essentiel ? C’est avoir la bonne analyse des rapports de force planétaires et comprendre ce qu’est la mondialisation néolibérale car c’est elle qui imprime sa dynamique, particulièrement en Europe avec l’Union européenne et l’euro.

 

Le projet néolibéral est une autre façon d’organiser le capitalisme.

Théorisé dès les lendemains de la Seconde Guerre mondiale, il va se déployer à partir de la fin des années 1960 et se généraliser au début des années 1980. Son but essentiel est la suppression discrète et progressive de la souveraineté des États-nations, c’est-à-dire la destruction de la démocratie et de la politique. Tel est en effet le moyen le plus efficace pour interdire toute possibilité de politiques qui pourraient contrevenir aux intérêts des classes dominantes incarnés en particulier dans les firmes multinationales. Il fallait stopper la progression des acquis sociaux et démocratiques depuis le New Deal américain en 1933, le Front populaire français en 1936, les économies mixtes en Europe de l’Ouest au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les luttes syndicales et de libération nationale des pays colonisés dans les années 1960-1970.

La mondialisation néolibérale repose sur trois piliers : le libre-échange qui met en concurrence les systèmes sociaux, la libéralisation financière qui place l’économie réelle et les finances publiques sous la domination des marchés financiers, les traités internationaux et les institutions multilatérales qui sont les gardiens de l’ordre néolibéral mondial, avec l’Union européenne et l’euro comme chef d’œuvre. L’agencement de ces trois piliers vise à permettre l’activité la plus libre possible pour les firmes multinationales.

À aucun moment, les cinq universitaires interrogés par Le Monde, ni Monsieur Laurent du PCF, n’évoquent ces aspects décisifs ? Le libre-échange ? Connaît pas. La globalisation financière ? On n’y peut rien. Les traités internationaux néolibéraux ? La France ne peut pas s’isoler…

 

Dans les articles du Monde et de l’Humanité de ce jour, la mondialisation néolibérale, et son avatar européen, n’existe pas.

Personne n’en parle. C’est un non-sujet. C’est un détail qui ne mérite même pas d’être évoqué.

Quelle insouciance ! Quelle irresponsabilité ! Comment est-il possible d’être aussi aveuglé ? Comment nier que la mondialisation néolibérale, la domination des firmes multinationales occidentales et des marchés financiers, ainsi que les politiques de l’Union européenne, ont limité considérablement les marges de manœuvre des États ?

La lecture du Monde et de l’Humanité de ce jour est pathétique et confirme qu’il faut fuir – de toute urgence – cette « gauche » incapable de faire face au capitalisme néolibéral. On nous dira que nous sommes plus sévères avec la gauche qu’avec la droite. Oui ! Pour deux raisons. D’abord, la droite est fidèle à elle-même : la défense traditionnelle des classes dominantes. Elle fait son boulot. Quant à la gauche d’aujourd’hui, elle a renoncé à la défense des classes dominées. Bien sûr, elle manie le pathos pour sauvegarder les apparences (« l’humain d’abord »). Mais comment placer « l’humain d’abord » sans remettre en cause la mondialisation néolibérale, l’Union européenne, l’euro ? C’est une arnaque ! Ensuite, beaucoup de membres du Pardem ont eu le cœur à gauche, et parfois pendant longtemps. Ils ne se reconnaissent plus dans cette gauche.

 

Le clivage fondamental n’est plus entre la gauche et la droite, mais entre l’oligarchie et le peuple.

Il est entre les ultra-riches et tous les autres. Entre les classes dominantes et les clases dominées, entre les classes exploiteuses et les classes exploitées.

Le Monde, ce jour, a interrogé cinq universitaires.

Michel Wieviorka, sociologue, juge qu’ « un cycle s’achève pour une gauche entrée en phase vraisemblablement terminale ». Les causes ? Une série de constats sans originalité : « elle a dirigé le pays sans vision, à grand renfort de com, de sondages et de jeux politiciens… ». Tout cela n’est pas faut, mais le sociologue ne cherche pas à comprendre les causes profondes de ces dérèglements.

Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques, estime que la cause principale de cette faillite est « l’économisme ». L’économisme est en effet un gros défaut du Parti socialiste, mais le professeur de science politique ne cherche pas à comprendre ce qui se cache derrière.

Jean-Louis Laville, économiste et sociologue, croit que la gauche se redressera par « les communs et l’économie sociale et solidaire ». Nul ne contestera l’intérêt de l’économie sociale et solidaire. Mais ne faire que cela, c’est renoncer aux politiques macro-économiques, c’est refuser la rupture avec la mondialisation néolibérale. C’est accepter de n’agir que dans les marges.

Gilbert Cette, professeur associé en économie, considère, par exemple concernant le salaire minimum, que la gauche refuse d’en sortir. Il se trompe, le PS est devenu très « moderne » sur ce sujet.

Fabienne Brugère, professeur de philosophie, dénonce l’abandon de « quatre mots qu’un projet socialiste devrait articuler » : care, justice, futur, citoyenneté. So what ?

 

Monsieur Laurent ne veut plus de François Hollande, mais il veut encore du Parti socialiste

Monsieur Laurent, le responsable du PCF, dans l’Humanité de ce jour, cultive le même mutisme que ces doctes professeurs, dont l’univers est vide de mondialisation néolibérale, de classes dominantes, d’Union européenne, d’euro… Il dit deux choses.

D’abord, son projet politique est de s’appuyer sur les 58 députés PS, EELV et PCF qui ont voté contre le projet de loi El Khomri. Il pense qu’une nouvelle alliance de gauche est possible sur ces bases, pour les élections de 2017.

Ensuite, il confirme que le PCF veut « rompre avec le libéralisme ». C’est bien. Mais comment est-ce possible sans rompre avec la mondialisation néolibérale et son chef d’œuvre qu’est l’Union européenne ?

Pour le Pardem, tout projet qui tente de réenchanter la notion de « gauche » (Parti de « gauche »… Front de « gauche »… Autre « gauche »…) se heurte désormais immanquablement à un scepticisme d’acier de la part du peuple, très majoritairement, qui refuse de se laisser berner une nouvelle fois en mettant au pouvoir une élite de gauche, qu’elle soit nouvelle, plurielle, seconde, se présentant sous le vocable d’un parti ou d’un front, ceci ou cela…

 


 

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Liste des participants qui ont commenté cet article

  • Invité - Redon

    Leçon d’histoire.
    Qu’est-ce que la gauche et la droite ?
    L'origine historique de ce clivage se trouve dans la position géographique des différents partis politiques dans l’assemblée nationale d'août-septembre 1789. Lors d'un débat sur le poids de l'autorité royale face au pouvoir de l'assemblée populaire dans la future constitution, les députés partisans du veto royal (majoritairement ceux de l'aristocratie et du clergé) se regroupèrent à droite du président de l'assemblée constituante (position liée à l'habitude des places d'honneurs). Au contraire, les opposants à ce veto se rassemblèrent à gauche sous l’étiquette de «patriotes» (majoritairement le Tiers état).
    De nos jours, la finance, les banques et les Grands Patrons remplacent l’aristocratie, le clergé et les Patriotes sont remplacés par les salariés et le peuple ; le Président de l’Assemblée Constituante devenant le Président de la République.
    Donc la gauche et la droite existe toujours.

  • Votre "leçon" est certes intéressante... Mais que dites-vous quand vos concitoyens vous rétorquent que la gauche, c'est la nouvelle droite ? (véridique !) Cette remarque traduit non seulement la plus totale méfiance que leur inspire ce terme de "gauche", mais surtout que ce clivage gauche/droite est désormais obsolète. Quand on discute avec eux, on s'aperçoit rapidement que cela ne fait plus sens pour eux. Entre nous, pour moi non plus d'ailleurs. C'est sûr, quand ça fait longtemps qu'on milite "à gauche", que de telles remarques ne font pas plaisir. Mais les affects ne doivent pas nous cacher la réalité : celle que nos concitoyens vivent tous les jours. La dure réalité qu'on subit à cause d'un gouvernement qui se dit de "gauche" et qui fait une politique de droite ; des partis dits "de gauche" qui soutiennent ce pilier de la mondialisation néolibérale qu'est l'UE, et donc durcissent encore plus le quotidien des gens. Et là, ce n'est pas une leçon d'histoire, mais une leçon de vie !

    à Alpes-Maritimes, France
  • Invité - Michel Quinet

    En réponse à Redon.
    Il est bien exact que gauche et droite existent toujours. <br/>C'est le clivage gauche/droite qui n'est pas signifiant. Le clivage qui nous préoccupe et qui est la base de notre combat contre le capitalisme est le clivage entre les classes dominées (classes populaires et classes moyennes) et les classes dominantes pour qui la gauche actuellement au pouvoir est une support très efficace. Quant à la gauche "radicale", elle n'arrête pas de s'empêtrer dans le fameux clivage gauche/droite qui est si peu pertinent que l'on est obligé de trouver des adjectifs à la gauche, tels que "vraie gauche", "gauche radicale". <br/>Ce n'est pas en continuant à draguer aux marges du PS qu'elle arrivera à convaincre et rassembler les classes populaires et moyennes.

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