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macron napo

Par le Parti de la démondialisation

Le 12 juillet 2020

Ah la France est en haleine : Macron parlera le 14 juillet au pays. On sent poindre le vibrant appel le jour de la fête nationale. Avez-vous perçu l’attente fébrile des citoyens ? De ceux qui se sont rués dans les trains et sur les routes pour des vacances plus attendues que jamais comme de ceux qui resteront chez eux, faute de moyens suffisants pour s’offrir un peu de vert ou de bleu océan ?
Il est vrai que le chantre du « plus jamais ça » face aux pénuries de matériel sanitaire et à la misère faite aux hôpitaux publics a l’art de faire virevolter le verbe. Cela lui vient sans doute de sa formation théâtrale durant ses années de lycée.
Mais trêve de fariboles : l’heure est grave.

Comme personne ne s'était rendu compte de la gravité de la situation il était crucial qu’un homme éclairé appelle le pays tout entier à une mobilisation générale pour combattre le fléau de la « crise économique » qui menace le pays de ruine et de disette. Son armée est prête. Pas celle qui défilera sur les Champs-Elysées le 14 juillet mais celle qu’il vient de nommer au gouvernement. Une équipe de combat figurez-vous ! Un vrai travail d’orfèvre : Macron a fait du neuf avec du vieux. En fait c’est assez écolo le recyclage. Macron avait fait campagne en 2017 sur le « ni gauche ni droite », sur la fin des partis (un truc du passé). Il avait péché dans les eaux glauques du PS pour y puiser quelques figures dont c’était l’ultime chance de devenir ministres. Il avait organisé l’exfiltration de membres de LR, cocufiés par Fillon le fraudeur, et enfin, raclé les fonds de casseroles du Modem et autres centristes qui ont toujours eu l’habitude de bouffer à tous les râteliers. Pour être juste il faut ajouter la pêche au gros avec l’entrée en scène du populaire hélicotoman télévisuel Nicolas Hulot. Points communs à cette meute sans principe : leur compatibilité absolue néolibérale et europiéiste !

Le changement ? Pour les gogos qui ont envie d’y croire !
Le 2 juillet 2020, Marron déclarait « Nous devons collectivement rompre avec ce qui est la maladie française : la préférence pour le chômage. Le modèle français classique, c’est d’accepter des plans sociaux massifs, ensuite d’avoir un système très généreux qui les indemnise ». Puis nous avons été projetés dans la phase du changement avec un remaniement d’envergure du gouvernement. On allait en être totalement épatés !
Les optimistes (peu nombreux sans doute) attendaient donc une déferlante de transformations apte à affronter le grand tourment de la « crise » économique et sociale. Pschitt ! César Macron reprend les mêmes et nomme un ex-sarkosiste techno, énarque, en qualité de contremaître. Passons rapidement sur la provocation scandaleuse de la nomination à la Justice de Dupont-Morreti, pourfendeur de magistrats et dénigreur de féministes, et de Darmanin à l’Intérieur alors qu’il est accusé de viol par des femmes ayant déposé plainte contre lui. A ce tableau de chasse ne pas oublier Olivier Dussopt, nommé ministre délégué chargé des Comptes publics, qui fait l’objet d’une enquête du Parquet National Financier pour « corruption » et « prise illégale d’intérêts » ! Fi donc de la « moralisation de la vie politique » qui avait fait de Macron le chevalier de la transparence et de l’éthique… Le retour en force des copains/coquins est consommé et assumé !
Et comme il est pathétique de voir la femme Barbara Pompili devenir ministre de la Transition écologique. Ex-membre des Verts, elle avait fricoté un rapprochement avec Valls puis avait épousé En Marche en troisième noce. Cette pragmatique pro du zigzag politique présente néanmoins une constance : l’arrivisme. Elle ne risque pas de casser des briques au sein du 3e gouvernement de sa majesté Macron. Mais elle possède un grand atout : son appétence pour l’Union européenne (qu'elle hérite d’EELV) trouvera à se nourrir des recommandations de l’UE publiées fin mai 2020, qui fait de la transition écologique l’alpha et l’oméga du printemps capitaliste vert. (1)

Vague verte ou clapotis ? L’Union européenne est au taquet !
Alors venons-en à la pseudo « vague verte » des élections municipales dont le véritable événement est pourtant l’abstention extraordinaire de près de 60% des inscrits. Et tout particulièrement des jeunes et des ouvriers. Le clapotis écologiste municipal (qui masque en réalité le copié-collé de la gauche plurielle verdie) est déjà recouvert par la marée des algues fumantes du déficit budgétaire que, dans sa grande mansuétude, l’Union européenne a bien voulu tolérer pour ne pas laisser crever la populace du Covid-19. Quoique, à bien y réfléchir, sa générosité va surtout aux entreprises multinationales dont le taux de profitabilité des actionnaires a subi quelques soubresauts avec le confinement nous dit-on, et aux banques qui encaissent un gros paquet de cash à prêter aux États, moyennant des intérêts juteux évidemment. Et, plus largement, l’UE apporte un soutien sans faille au système néolibéral dans son ensemble. Un arbre pouvant cacher la forêt, la "vertitude" a des vertus. Elle ouvre un nouveau champ de marchés au nom desquels il pourrait être aisé de séduire une partie de la population, attachée à la protection de l’environnement. Bon on se calme. Il n’est pas question, rassurez-vous, de remettre en cause le libre-échange, les règles du commerce international, la profitabilité des investissements financiers. Le changement (sic) auquel on voudrait nous faire adhérer porte sur la nature de l’investissement. Si il est verdoyant (comme les bagnoles électriques par exemple si l’on met de côté le nombre de centrales nucléaires nécessaires ou encore les batteries à recycler…), il permet de relancer une dynamique économique profitable aux multinationales qui bénéficieront bien sûr de financements de l’Union européenne et de l’État (nos impôts…) pour restructurer leur mode de production quitte à liquider sans pitié des centaines de milliers d’emplois…

L’union nationale contre les classes dominées
Mais n’entrons pas dans les polémiques stériles en cette veille de grand jour, peut-être aux accents gaulliens mis en en musique par le nouveau Premier ministre, Castex, prétendument « gaulliste social » et présenté comme un homme de terrain… En termes de plan de communication c’est d’ailleurs bien tenté. Les déclarations de guerre du chef de l’État pendant le pic de pandémie nécessitaient une prolongation : être incarnées par des acteurs s’affirmant engagés pour unir le pays et lui faire avaler la pilule amère de 900 000 chômeurs supplémentaires, une Sécurité sociale rendue exsangue par le versement d’indemnités journalières à celles (et ceux) gardant les enfants à la maison pendant le confinement ; le vidage des caisses des Assedic par l’indemnisation des millions de salariés mis au chômage partiel, etc. Vous allez en baver les gens mais c’est pour votre bien ! Cela se nomme dans certains milieux le « retour du réel ». Après l’utopie des promesses de lendemains chantants, voici le temps de l’effort, de la sueur et de la raison : retour donc de la réforme des retraites, de l’assurance chômage, de la remise en cause des 35 heures, de la suite de la « modernisation de la fonction publique » déjà bien entamée, du ripolinage de l’hôpital public avec le Ségur de la comtesse Notat et, surtout, de la très prochaine loi « 3D » : décentralisation, différenciation, déconcentration. Dans les cartons depuis des mois, elle fait l’objet d’un retour en force avec la missive d’Edouard Philippe de février 2020 aux préfets de département. Il y met l’accent sur « l’enchevêtrement des compétences entre les collectivités territoriales et l’État », source d’« illisibilité » et d’une dépense publique « non optimisée ». « L’État ne doit pas garder ses services intervenant dans les champs décentralisés » indique-t-il. Ah l’air doux du local contre l’autorité jacobine du national tinte gaiement aux oreilles des localistes de tous bords. Traduction concrète à venir : désengagement de l’État, opération de dégraissage de fonctionnaires d’État, basculement aux « territoires » de nouvelles compétences, et qu’ils se débrouillent avec leurs budgets déjà bien amputés ! Mais le pire est bien dans la « différenciation » : selon que vous vivrez en Bretagne, en Savoie, à Lyon, à Roubaix ou en banlieue francilienne, dans un village, un bourg ou une métropole, vos droits ne seront plus identiques… Voilà qui fait bien plaisir à l’Union européenne et au projet des fédéralistes qui chantent les bienfaits du modèle allemand des « Länder », voire même le super modèle démocratique des États-Unis ! Car selon les néolibéraux, trop d’État tue l’État ! Réprimer les révoltes oui. Impulser le libre-échange, oui. Libérer les marchés, la circulation des biens et des capitaux oui, oui. Redistribuer à la nation tout entière non !
Bref, nous y reviendrons bientôt car l’heure est grave. Ce projet de loi qui prend des accents de libération du local est absolument à l’opposé de ce qui a été mis en œuvre après la Deuxième guerre mondiale avec, par exemple, la nationalisation des entreprises stratégiques pour le pays, telles celles de l’énergie. Faute de souveraineté nationale et populaire, Macron et Compagnie balancent des leurres à tous ceux qui croient que le local est la seule source de démocratie possible, crachant au passage sur l’État. Cela se nomme des alliés objectifs…

Macron se veut le maître du temps qui lui est compté
Comment affronter efficacement ce règne de la communication rythmé par les classes dominantes aux manettes des grands médias assujettis à leur cause ? Une mécanique qui condamne à vivre dans l’instant, prive de perspectives économiques, sociales, historiques. Un système piégeant par la fugacité des infos vomies en continu qui recouvrent les précédentes et engourdissent la mémoire collective. Macron est devenu le maître du temps. Pour notre plus grand mal.
Mais il aura beau faire, gesticuler et mentir : Macron ne parviendra pas à voler notre 14-Juillet : celui de la Révolution française suivie de toutes les victoires populaires qui nichent encore dans un coin de notre cerveau et qui sont toujours prêtes à fuser dans l’espace public.

(1) GOPE mai 2020 pour la France : https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/2020-european-semester-csr-comm-recommendation-france_fr.pdf

 

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