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Catégorie : Point de vue du Pardem

Par Joël Perichaud, secrétaire national du Parti de la démondialisation chargé des relations internationales

Le 29 mai 2018

 mattarella cottarelli

Lors des élections générales du 4 mars 2018, les Italiens ont clairement voté contre l’austérité imposée par leur gouvernement et l’Union européenne. Les négociations entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Lega, qu’ils ont placés en tête, ont été âpres et se sont soldées par un « contrat de coalition », présenté le 18 mai aux militants du M5S et de la Lega.

Malgré nos profonds désaccords politiques sur certains points du contrat de coalition (réaffirmation de l'ancrage de l'Italie dans l’Otan, instauration d'une « flax tax », rétention des demandeurs d’asile possible jusqu'à 18 mois en centre de rétention…), sur la stratégie à adopter vis-à-vis de l’UE (révision, « avec les partenaires européens, du cadre de la gouvernance économique) et de son bras armé l’euro (« Révision de la politique de la monnaie unique, « actuellement basée sur la prédominance du marché »), nous respectons la souveraineté du peuple italien.

 

Rien ne peut justifier que le vote du 4 mars soit balayé et ou insulté tant par l’oligarchie que par la gauche bienpensante française. Nous souhaitons au peuple italien de sortir de l’austérité et pour cela de recouvrer sa souveraineté et son indépendance nationale en espérant qu’il tienne compte de la tragédie du peuple grec qui montre, avec une cruelle évidence, que l’on ne peut sortir de l’austérité sans sortir de l’euro et de l’UE !

 

Les enjeux en Italie

Pour la grande majorité des Italiens, l’enjeu est de sortir de la pauvreté, du chômage et de l’austérité à perpétuité. Il est de recouvrer la souveraineté italienne en matière économique, fiscale, de politique migratoire, etc.

Pour le M5S et la Lega, l‘enjeu est de mettre fin à l’austérité et donc d’affronter les diktats de l’UE. Les pressions des diverses « institutions » pour qu'ils courbent l'échine et trahissent le mandat populaire sont, en fait, énormes. Nous le savons : le vote du peuple italien réveille, anime et excite les oligarchies italiennes et européennes. Ces dernières ont été submergées par le vote populaire et ont tout fait pour empêcher l’établissement d’un gouvernement conforme au vote des italiens.

Pour l’UE et l’oligarchie italienne et toutes les structures supranationales, l‘enjeu est que rien ne change pour continuer à appliquer les politiques néolibérales qui leur réussissent si bien.

L’analyste Berenberg le dit : « Le programme annoncé inclut une liste de mesures irresponsables et économiquement nocives mais pas de menace directe à l'appartenance de l'Italie à l'euro... il faut se préparer à beaucoup de bruit, dont des heurts entre Rome et Bruxelles ».

Le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, a mis en garde le futur gouvernement italien contre toute velléité d'entorse au pacte européen de stabilité et de croissance, ses règles « s'appliquent à tous les Etats membres de l'UE ».

Même son de cloche du directeur du FMI pour l'Europe, Poul Thomsen et du commissaire européen, Valdis Dombrovskis, qui affirmait il y a quelques jours: « L'Italie a le deuxième ratio de dette le plus élevé en Europe, au-dessus de 130% du PIB. Donc il est très clair qu'en période de croissance économique, l'Italie doit mettre cette dette sur une trajectoire à la baisse ». 

 

Les illusions du changement de l’UE de l’intérieur…

Le contrat de coalition ne remet pas, directement en cause l’UE et l’euro, même s’il attaque frontalement, par le biais d’une politique de type keynésien, les règles économiques et politiques d’austérité de « l’Union ».

Il faut se rappeler que l’approche n’est pas nouvelle… A. Tsipras (Syriza) et son allié au gouvernement (ANEL) ont été élus le 25 janvier 2015 sur la même base avant de devenir les commis zélés de L’UE et de mener une guerre sans merci au peuple grec.

La différence est que le M5S et la Lega ont fait appel au peuple italien pour soutenir le programme de gouvernement avant que le Premier ministre ne soit nommé. Ils font appel aux citoyens, aux « petits » contre les « grands ». C’est une manière inédite d’instaurer un nouveau rapport de force, immédiat, avec l’UE. Ce n’est cependant pas une garantie contre les revirements ou les trahisons. Tsipras a, sans vergogne, détourné le verdict populaire (61,32% de NON à l’austérité) du 5 juillet 2015 et continue à plonger son peuple dans la misère.

 

Ne faites pas comme Tsipras !

Doit-on d’ores et déjà s’inquiéter des premiers ont eu lieu ?

Les premières ébauches du contrat de coalition :

 


ANNEXE :

Le contrat de coalition contient de bonnes mesures mais pas toutes !

Le contrat de coalition : certaines mesures très discutables

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